Le Service de renseignement de la Confédération présente son rapport de situation

Securité Suisse 2016

Les défis auxquels les organes en charge de la politique de sécurité sont confrontés se complexifient, une tendance qui se caractérise par la hausse du nombre d’acteurs déterminants dans ce domaine, la fragmentation du contexte de la politique de sécurité et par le fait que l’environnement stratégique de la Suisse est marqué par les pressions exceptionnellement élevées que font peser sur l’Europe diverses situations de crise. Le rapport de situation annuel du Service de renseignement de la Confédération (SRC) contribue à l’orientation de la politique de sécurité.


Les situations de crise au Proche et au Moyen-Orient ont un impact direct sur l’Europe et la Suisse, sous la forme d’un accroissement permanent des mouvements migratoires et d’une menace terroriste élevée. S’agissant du terrorisme djihadiste, c’est l’« Etat islamique » qui occupe désormais le devant de la scène. L’élévation de la menace s’explique par le fait que l’« Etat islamique » envoie des individus en Europe avec la consigne d’y planifier ou d’y commettre des attentats, un risque sur lequel le SRC s’était exprimé publiquement au début du mois de novembre 2015 déjà. Les attentats qui ont suivi, tant à Paris qu’à Bruxelles, ont malheureusement confirmé cette appréciation. La menace terroriste reste élevée pour notre pays également. Même si la Suisse et les intérêts suisses à l’étranger ne sont pas prioritairement visés par les attentats commandités ou organisés par l’« Etat islamique », notre pays fait partie du monde occidental que les djihadistes considèrent comme islamophobe. A ce titre, elle reste une cible potentielle d’éventuelles attaques terroristes. Les intérêts des Etats participant à la coalition militaire contre l’« Etat islamique » ainsi que les intérêts russes, juifs/israéliens et arabes font l’objet d’une menace accrue sur le territoire suisse.

La situation de crise avec la Russie se dessine depuis quelques années déjà. Le conflit de l’Occident avec cette dernière va très probablement modifier à long terme l’environnement stratégique de la Suisse et réduit les possibilités réalistes de développement sur le plan de la politique de sécurité en Europe à deux grandes catégories, à savoir la formation de zones d’influence ou une détérioration progressive de la situation. Dans un tel contexte, les opérations d’information revêtent également une importance accrue.

Le service de renseignement prohibé reste une menace, qu’il s’appuie sur des moyens traditionnels ou prenne la forme d’actes de cyberespionnage, avec une pression exercée sur les informations dignes de protection qui ne faiblit pas en Suisse non plus. Depuis 2004, le SRC, dans le cadre du programme de prévention et de sensibilisation Prophylax, sensibilise les entreprises, hautes écoles et instituts de recherche suisses aux menaces et risques liés à l’espionnage ainsi qu’à la prolifération, en consacrant notamment un court-métrage à la thématique de l’espionnage économique, intitulé « En ligne de mire ». Produit à la demande du Centre des médias électroniques (CME), ce film veut contribuer à protéger la place industrielle et scientifique suisse contre les fuites involontaires de données et les dommages à la réputation. Il peut être visionné sur le site du DDPS (www.ndb.admin.ch).

Dans le domaine de la non-prolifération, un accord a pu être conclu avec l’Iran, levant ainsi un nouvel obstacle et permettant sans doute de faire en sorte que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire pour les dix à quinze prochaines années. Les tâches liées à la non-prolifération n’en perdent pas pour autant leur importance.

Dans l’édition 2016 de son rapport de situation, le SRC met toutefois l’accent sur un Etat qui a connu une très forte phase de renforcement au cours des trente dernières années, en l’occurrence la Chine. En raison de sa puissance économique, ce pays fait montre d’une confiance accrue et veut exercer une influence de plus en plus forte à l’échelle de la planète. A travers l’engagement croissant de la Chine sur le plan international, les contacts avec la Suisse se renforcent également, dans un sens comme dans l’autre.

Source: SRC / DDPS

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About Peter Stephani

Chef Kommunikation GGstOf
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