Interview avec Cdt C Dominique Andrey

« Faute de moyens, le chef des Forces terrestres craint de ne plus parvenir à répondre aux nouveaux défis : la défense des infrastructures, des réseaux électriques et informatiques devenus indispensables à la société. »

Pour ceux à qui aurait échappé l’interview du Commandant de corps Dominique Andrey dans l’Hebdo du 23 août dernier, voici le lien vers l’article original de M. Patrick Vallélian. Lors d’un premier entretien en date du 7 octobre 2010, le journaliste avait convenu avec le commandant des Forces terrestres de refaire le point sur le développement de l’armée deux ans plus tard. C’est l’objet de ce dernier entretien.
Le commandant des Forces terrestres voit le futur de manière plus optimiste, même si la situation n’a pas fondamentalement changé depuis l’entretien de 2010. Selon lui, un point positif est qu’on a beaucoup parlé de politique de sécurité ces deux dernières années. Il constate cependant qu’il y a un fossé de 20% entre les tâches confiées, les investissements nécessaires qui en découlent et le budget réel. Il souligne la nécessité de garantir la sécurité des infrastructures stratégiques comme les réseaux routiers, électriques ou informatiques. Si le budget de l’armée s’avérait insuffisant, elle ne pourrait plus assumer toutes ses tâches. Il s’agit donc d’une affaire d’équilibre entre les tâches, les effectifs et les moyens alloués.

L’entretien traite notamment des points suivants :

  • « L’armée du futur ne sera pas forcément meilleur marché. Au contraire, elle sera souvent plus complexe, plus technologique, donc plus chère. »
  • Liquider une partie de l’immobilier pour financer les besoins, à supposer que nous puissions nous en passer, permettrait d’économiser sur les coûts d’exploitation. Cela aurait cependant aussi des conséquences très importantes dans les régions car cela serait immanquablement lié à la suppression de nombreux emplois.
  • L’armée dispose de 9’500 salariés pour appuyer un effectif de milice de 200’000 hommes. Diminuer les effectifs de ces professionnels ne permettrait pas de donner un support suffisant au citoyen-soldat lors de ses services.
  • Le remplacement des Tiger est indispensable mais il ne faut pas demander à l’armée de se débrouiller à l’interne pour financer 3.3 milliards de francs. Si tel était le cas, l’armée serait contrainte de couper dans le vif, notamment dans les prestations attendues en cas de crise.
  • L’armée sera moins à même de soutenir les cantons, notamment pour les tâches de surveillance normalement dévolues à la police.
  • L’armée devra renforcer ses structures en matière de cyberdéfense.
  • Le système de conduite et d’information des Forces terrestres fonctionne même s’il y a encore des problèmes. Un tel système est indispensable à la diffusion rapide d’informations.
  • Notre système de milice est le meilleur qui existe. Le GSsA ne vise pas la fin de l’obligation de servir mais l’atteinte de son objectif, à savoir la suppression de l’armée.
  • Le rapport de politique de sécurité 2010 présente une bonne analyse des risques et menaces mais manque de stratégie globale.

Lisez l’interview dans l’hebdo (PDF)

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